HELLVETIA DAYS 2004

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 28.08.04  Kulturwerk 118  SURSEE (CH)

 

 

17h30, 28 août 2004, arrivée en la ville de Sursee, a quelques kilomètres à peine de la grande Lucerne, direction le centre culturel local, en plein milieu de la zone industrielle (normal pour un festival metal), le Kulturwerk 118, afin d’assister aux Hellvetia Days 2004 vouée au métal extrême (pour le plus grand bonheur de Yves).

Le début de soirée commença pour moi par Brutal God, étant donné mon arrivée un peu tardive je n’ai pu assister au show de Nasty Vermin. Brutal God nous immergea de son death metal pendant trois quarts d’heures, et ne se démarqua pas de nombre de groupes ni par une musique originale ou bien ficelée, ni par un show exceptionnel. Le seul point marquant du combo étant le timbre du chanteur n’ayant rien à envier à Julien Clerc.

Vers 19 heures, Carnal Decay monta sur scène, et débuta un très bon show, malgré un son assez pourri et un public limite absent (et qui restera très mou pendant tout le reste de la soirée). La musique de Carnal Decay m’enchanta par sa vélocité et sa technicité (mention spéciale pour la guitariste qui assure et est en toute somme assez mignonne). Le seul point noir de ce groupe réside, a mon avis, dans les mimiques et les grimaces ridicules du chanteur-bassiste qui ne collent pas forcement au style de musique joué. Bref une très bonne surprise (Jasna avait encore une fois raison…).

Mon premier litre de Red Bull terminée, et l’intro de Vacarme se fit entendre. Je retournais devant la scène pour assister à l’un des meilleurs show de la soirée. Les morceaux étaient tous joués de façon parfaites et sans aucun raté perceptible depuis le pit. La nouvelle formation délivra un show exceptionnel et le duo guitariste-bassiste est d’une qualité rare pour un groupe underground (qui mérite de jouer avec les grands du death). Vacarme a enfin trouvé un bassiste au niveau de leurs prestations tant technique que scénique. Le seul petit détail qui gâche venait du chanteur qui n’a pas encore la prestance nécessaire pour effacer des musiciens déchaînés et ce, malgré le fait d’aller chanter dans la fosse et jammer avec le public. Une prestation scénique implacable, des morceaux destructeurs et pourtant, un public toujours très passif (pas de pogo ravageur) dominé par quelques vieux headbangers amateurs de death.

Après ces deux très bons concerts, ce fut au tour de The Awakening de jouer (ce qu’ils ont malheureusement fait…). A la fin du premier titre, la salle commença à se vider et le bar à se remplir, chose tout à fait normal compte tenu de la musique et du show vraiment mauvais délivré (même Yves n’aurait pas aimé, c’est dire !). La seule question qui me travaille encore est comment The Awakening a réussi à jouer aussi haut sur l’affiche (relations au sein de l’organisation ou morceau de chance ?). Donc passons cet épisode très laborieux de la soirée pour attaquer la suite.

Et quelle suite !! Amok monta sur scène et détruit tout sur son passage (c’est vrai qu’avec le groupe d’avant c’était facile de faire mieux…). Question musicale je fus sidéré, un tel niveau de composition est digne des meilleurs groupes. Des riffs complexes et techniques joués à la perfection et à une vitesse stupéfiante (pour gratter aussi vite il faudrait que je me  greffe un troisième bras), le tout sans anicroche ou plantage apparent. Et ce show ! Un chanteur qui saute dans le public et va pogoter tout en hurlant dans son micro, des gratteux se sautant dessus en continuant a jouer comme si de rien n’était, et un batteur frappant ses peaux de toute la force qu’il pouvait ! Aucun temps mort entre les morceaux, un show exécuté à la perfection, des musiciens très forts, Amok était la révélation de la soirée pour moi. Le clou de leur show restant le moment ou les gratteux et le chanteur se sont mis a pogoter ensemble tout en jouant, la claque.

Après quelques minutes de repos bien mérité, je retournais vers la scène pour ne pas rater le début de Stump Fucking. Le concert commença et, enfin, pour la première fois de la soirée  il y avait un bon son (l’ingénieur du son a du retrouver son sonotone). Ceci aidant, Stump Fucking, mené de main de maître par un chanteur intenable et un bassiste déchaîné, délivra un show très bon tant sur point musical que scénique. Le charisme du chanteur est tel que le public totalement anesthésié réussi même à bouger un peu. Le seul reproche pouvant être émis est à faire aux guitaristes complètement statique pendant la durée du concert. Un très bon groupe a retrouver au Soul Grinding Festival en février à la Laiterie (au coté de Vacarme).

Pour finir en beauté Prostitute Disfigurement passa a l’attaque avec son death ultra violent. Un show de grande classe, des compositions très très bonnes, mais voilà à vouloir aller trop loin dans l’extrême, hé bien, on devient vite lassant (pour moi au bout du cinquième titre). Rien à redire du coté de la prestation scénique des hollandais, mais s’ils avaient joué cinq ou six titres en boucle pour leur set personne ne s’en serait aperçu…

En conclusion, ce fut une très bonne soirée (20 francs bien investis), malgré un public totalement nul et passif, et un ingénieur du son a côté de la plaque toute la soirée. Les groupes tels que Carnal Decay, Vacarme, Amok et Stump Fucking ont tout à fait rempli leur contrat (faire prendre son pied a l’assistance) et les autres ont permis de souffler et de se réhydrater. A chacun son rôle…          (Sebb)