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 Juin 2006

 

 

 

INTERVIEW DE MANIEK (GUITARISTE) D'HELLSPAWN

 

Grosse révélation de cette année, le groupe polonais Hellspawn est sans doute un des meilleurs espoirs d’une scène pourtant saturée. La forte impression laissée sur le split CD avec Impureza et Hateful (voir chronique dans ce numéro) m’a convaincu de discuter un moment avec eux pour voir comment les choses évoluent en Europe de l’Est. Rencontre avec Maniek, guitariste du groupe.

 

 

Est-ce que tu peux commencer par nous présenter Hellspawn ?

Hellspawn a été formé il y a quelques années. Notre style est influencé par le death américain traditionnel, qui nous touche le plus. Malgré notre line up plutôt stable et notre détermination, il n’est pas évident de jouer du death en Pologne, à l’heure actuelle.

 

J’ai décrit Hellspawn comme un mélange de Morbid Angel et de Krisiun. Es-tu d’accord ? Qu’est-ce qui te semble le plus important : la technique de l’un ou la violence de l’autre ?

Hellspawn est souvent comparé à Morbid Angel, mais je ne pense pas que la comparaison soit vraiment fondée. Par exemple, peux-tu imaginer Morbid Angel jouer un titre comme notre "Antimary" ? Je ne pense pas cela possible. Pourtant, oui, tu as raison pour ce qui est de ce mélange, Morbid Angel et Krisiun sont nos plus grosses influences. Pour nous, le death métal doit avoir une âme et dégager une atmosphère, ce n’est donc ni la technique, ni la brutalité qui priment.

 

Quelle est ton impression à propos de la scène death en Pologne ? Tu ne penses pas venir un peu tard, après la grosse mode polonaise ?

Je m’en branle un peu des modes, elles vont et elles viennent, tu ne peux jamais être certain du futur d’une musique. Hellspawn joue un style de death caractéristique qui a trouvé beaucoup de fans dans l’underground, mais nous jouons ce style parce que c’est celui que nous ressentons le mieux, rien à foutre si 100 personnes ou 10000 nous écoutent. La scène polonaise est vraiment bonne, il y a beaucoup de passionnés qui y mettent de l’argent, du temps et de la passion, juste pour garder l’underground vivant. Beaucoup de bons groupes, beaucoup de bons musiciens, même s’il serait sympa qu’il y ait plus fans.

 

Comment es-tu entré en contact avec Gab de Nihilistic Holocaust ? Que penses-tu de ses autres productions ?

Gab est tombé sur nous il y a plusieurs années. A l’époque, Nihilistic n’était qu’une distro, et je crois que ce split est sa première production (oh que non, il va être déçu de lire ça – ndlr). Il fait un job fantastique pour la promotion du split, et il est très impliqué dans tout ce qui concerne la distribution. C’est vraiment cool de bosser avec un type comme lui, et j’espère qu’on aura l’occasion d’en faire plus à l’avenir.

 

Pourquoi avoir choisi un label français ?

Pourquoi la France ? Bah, Nihilistic était le seul label intéressé, et il avait l’argent pour officialiser cette sortie. Deux labels polonais nous ont fait une offre, mais ils n’avaient pas le pognon, alors on a accepté celle de Gab. Il a du fric ! (rire).

 

Quel est ton regard sur la scène française ?

J’ai bien peur de ne pas connaître beaucoup de groupes français… J’en écoute sans doute certains sans savoir qu’ils sont français...  Non, c’est pas crédible, hein ? (rire). Un seul nom me vient à l’esprit, là, c’est Anorexia Nervosa, et je trouve leur travail plutôt intéressant.

 

Je reçois des tonnes de groupes signés sur de gros labels qui n’ont pas le quart de votre niveau. Comme, t'expliques-tu ça ?

C’est simple : nous sommes de Pologne. Tu trouves ici énormément de groupes qui ont un niveau et un potentiel incroyables, et qui ne trouvent pas de label. Ecoute par exemple un groupe comme Gortal, qui font un death excellent à la Immolation. C’est incroyable, mais personne n’en veut. Bien entendu, on serait content si Nuclear Blast ou Earache nous branchaient. D’ailleurs, je crois que Listenable est un label français, non ? Si tu pouvais attirer leur attention vers nous, ça serait bien cool (rire) !

 

Que penses-tu du retour d’un death plus old school ?

Bah, je fais mon job en jouant un type de death que j’aime, et je m’en fous un peu des mouvements actuels. J’ai bien sûr remarqué que la mode du old school est très présente, me crois moi, ça n’aura aucune influence sur nous. Je pense qu’on va au contraire pousser Hellspawn de plus en plus vers le style américain.